L’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs de 2012 prévoit que « [l]’eau des Grands Lacs devrait […] être dénuée d’autres substances, de matériaux ou d’atteintes qui pourraient avoir des répercussions négatives sur son intégrité chimique, physique ou biologique […] ».
Les mesures des répercussions sur les bassins versants, y compris la couverture terrestre, l’artificialisation des rives et la qualité de l’eau dans les affluents, qui peuvent avoir une incidence sur la qualité de l’eau, sont évaluées comme passables, avec aucune tendance au cours de la période de 10 ans considérée. Aucune évaluation de l’état n’est préparée pour les sous-indicateurs des changements des conditions physiques. Toutefois, les tendances à long terme sont présentées.
Tous les bassins lacustres ont connu une augmentation globale de la population au cours de la plus récente période de 10 ans pour laquelle des données de recensement sont disponibles (2010-2020 pour les États-Unis et 2011-2021 pour le Canada), le taux d’accroissement démographique le plus élevé ayant été observé dans le bassin du lac Ontario. On s’attend à ce que la population du bassin du lac Ontario continue d’augmenter rapidement, en particulier dans la région du Grand Toronto. La croissance démographique rapide entraîne souvent le développement urbain et la perte de la couverture terrestre naturelle.
D’après les données de 2020, la couverture terrestre globale du bassin des Grands Lacs est classée comme suit : environ 8 % de terres aménagées, 26 % de terres agricoles et 65 % de terres naturelles. Cependant, il existe un degré élevé de variabilité dans le pourcentage de type de couverture terrestre entre les bassins lacustres. Par exemple, le bassin du lac Supérieur compte une grande quantité de terres naturelles (97 %), comparativement au bassin du lac Érié (21 %).. Il existe une relation positive entre l’étendue des terres naturelles et la qualité de l’eau. Les eaux de ruissellement provenant des terres agricoles et urbanisées peuvent contribuer à la dégradation de la qualité de l’eau et des conditions écologiques.. Les zones riveraines (c.-à-d. les terres situées le long des berges d’une rivière ou d’un cours d’eau) dans l’ensemble du bassin des Grands Lacs sont généralement dominées par des terres naturelles (75 % au total), dont une grande partie est boisée (53 % au total). Cependant, cette proportion varie considérablement d’un bassin lacustre à l’autre. Les zones riveraines boisées fournissent des services écosystémiques essentiels, notamment la réduction du ruissellement et de l’érosion et la régulation de la température de l’eau.
De 2009 à 2020, la superficie des rives ayant fait l’objet d’une artificialisation (c.-à-d. l’ajout de matériaux destinés à protéger les rives contre les vagues et les variations du niveau d’eau) a augmenté pour l’ensemble des Grands Lacs. L’artificialisation des rives peut altérer les habitats et le transport des sédiments, tout en réduisant les services écosystémiques. Actuellement, près du quart des rives des Grands Lacs évaluées sont modérément ou fortement durcies.
Les affluents jouent un rôle important dans le transport des eaux de surface vers les lacs. L’utilisation des terres et les facteurs de stress des bassins versants peuvent avoir une incidence directe sur la qualité de l’eau dans les affluents récepteurs. Les données sur la qualité de l’eau de 72 affluents canadiens des Grands Lacs ont été évaluées à l’aide d’un indice basé sur les concentrations d’ammoniac, de chlorures, de cuivre, de fer, de nitrates, de nitrites, de phosphore et de zinc. Les résultats de l’indice appuient une évaluation générale passable pour les affluents canadiens des Grands Lacs. De plus, les tendances à long terme (de 1970 à 2019) indiquent généralement une augmentation des concentrations de chlorures, aucune tendance dans les concentrations de nitrates et une diminution du phosphore. Les résultats de l’indice confirment que la qualité globale de l’eau des affluents est influencée par l’utilisation des terres, les bassins versants plus urbanisés ou agricoles ayant généralement des résultats plus faibles.
Les ensembles de données à long terme montrent une augmentation des quantités de précipitations annuelles dans la majeure partie du bassin des Grands Lacs, une augmentation des températures des eaux de surface en été dans les cinq lacs et une diminution de l’étendue maximale annuelle de la couverture de glace sur l’ensemble des Grands Lacs. Le lac Supérieur a connu une diminution de 34 % de sa couverture de glace maximale de 1973 à 2023, ce qui représente la plus forte baisse dans les Grands Lacs. Les températures des eaux de surface des lacs Supérieur, Michigan et Huron ont augmenté à un rythme de 0,5 ⁰C par décennie depuis 1980. Les températures des eaux de surface du lac Érié ont augmenté de 0,2 ⁰C par décennie depuis 1980. Dans le lac Ontario, les températures des eaux de surface au cours des 10 dernières années sont supérieures d’environ 1 °C à celles entre les années 1960 et le début des années 1990.. Les températures estivales des eaux de surface sont déterminées à la fois par les températures de l’air et par l’étendue de la couverture de glace de l’hiver précédent. À une échelle de 100 ans, les niveaux moyens des lacs Supérieur, Michigan et Huron n’ont pas changé de manière notable, et les niveaux moyens des lacs Érié et Ontario ont augmenté. Après avoir connu des niveaux historiquement élevés entre 2017 et 2020, tous les lacs ont retrouvé des niveaux similaires à la moyenne enregistrée entre les années 1960 et le début des années 1990. Les tendances à court terme pour les sous-indicateurs des conditions physiques varient d’une année à l’autre, d’où l’évaluation aucune tendance sur des périodes plus courtes.
Les changements de la température de l’eau, de la couverture de glace et du niveau des lacs peuvent influer sur la qualité de l’habitat des Grands Lacs, y compris les zones de frai des poissons, ainsi que d’autres habitats importants pour ces derniers. Par exemple, certaines espèces de poissons dépendent de l’étendue ou de la durée de la couverture de glace pour protéger leurs œufs contre la turbulence causée par l’action des vagues. Ces changements physiques peuvent également contribuer à des changements dans l’aire de répartition des espèces indigènes et créer des conditions qui favorisent l’établissement d’espèces non indigènes.
La température moyenne de l’eau de surface en été dans le lac Supérieur, représentée comme un écart par rapport à la moyenne à long terme, a augmenté au cours des dernières décennies.
*L’approche fondée sur les anomalies compare les tendances récentes à une base de référence définie pour mettre en évidence les changements au fil du temps. Cette approche permet de mettre les données historiques en contexte par rapport aux changements récents de l’écosystème.
Sous-indicateur | Lac Supérieur | Lac Michigan | Lac Huron | Lac Érié | Lac Ontario |
Couverture terrestre | Bon & Inchangée | Passable & Indéterminée | Passable & Indéterminée | Médiocre & Indéterminée | Passable & Indéterminée |
Durcissement des rives | Bon & Aucune tendance | Bon & Se détériore | Bon & Se détériore | Médiocre & Se détériore | Médiocre & Se détériore |
Qualité de l’eau des affluents | Indéterminé & Indéterminée | Non évalué | Passable & Aucune tendance | Médiocre & Aucune tendance | Passable & Aucune tendance |
Population humaine | À la hausse | À la hausse | À la hausse | À la hausse | À la hausse |
Sous-indicateur | Lac Supérieur | Lac Michigan | Lac Huron | Lac Érié | Lac Ontario |
Quantités de précipitations dans le bassin des Grands Lacs Basin | Aucune tendance | À la hausse | À la hausse | À la hausse | |
Niveaux d’eau | Aucune tendance | Aucune tendance | À la hausse | À la hausse | |
Température des eaux de surface | À la hausse | À la hausse | À la hausse | À la hausse | À la hausse |
Couverture de glace | À la baisse | À la baisse | À la baisse | À la baisse | À la baisse |