Espèces envahissantes

L’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs de 2012 précise que « [l]’eau des Grands Lacs devrait […] être à l’abri de l’introduction et de la propagation d’espèces aquatiques envahissantes et d’espèces terrestres envahissantes qui nuisent à sa qualité […]. »

Prévention (taux d’établissement d’espèces aquatiques non-natives)

État : Bon
Tendance : Aucune tendance

Répercussions des espèces 

aquatiques envahissantes

État : Médiocre
Tendance : Aucune tendance

Points saillants de l’évaluation

L’évaluation de cet indicateur est fondée sur deux composantes : la prévention, mesurée en tant que taux d’établissement de nouvelles espèces aquatiques non indigènes dans les Grands Lacs (état bon et aucune tendance sur 10 ans), et les répercussions des espèces aquatiques envahissantes (EAE) (état médiocre et aucune tendance sur 10 ans). L’évaluation de ces deux composantes met en évidence les progrès réalisés pour prévenir l’établissement d’espèces aquatiques non indigènes (espèces qui ne sont pas indigènes dans le bassin des Grands Lacs et qui peuvent avoir ou non des répercussions environnementales ou socioéconomiques négatives connues). Cependant, certaines EAE déjà établies (espèces qui ont des répercussions environnementales ou socioéconomiques négatives connues) continuent d’étendre leur aire de répartition. En 2023, 190 espèces aquatiques non indigènes ont été signalées comme étant établies dans les Grands Lacs, dont 78 sont considérées comme envahissantes.

Historiquement, l’eau de ballast des navires transocéaniques a été le principal vecteur d’introduction d’espèces non indigènes dans les Grands Lacs. Cependant, on a réussi à réduire les établissements provenant de l’extérieur des Grands Lacs au cours des dernières décennies. Cette réduction est en grande partie due à la mise en œuvre de réglementations sur les eaux de ballast et au rinçage obligatoire en pleine mer des citernes de ballast de tous les navires transocéaniques, ainsi qu’à la mise en œuvre de programmes d’inspection visant à confirmer que ces navires gèrent correctement leurs eaux de ballast.Aucune nouvelle espèce aquatique non indigène soupçonnée d’avoir été introduite par l’eau de ballast ne s’est établie dans les Grands Lacs depuis 2006. De plus, la réglementation concernant les systèmes de traitement de l’eau de ballast, introduite par le gouvernement du Canada en 2021 (mise en œuvre progressive d’ici 2030), vise à réduire la propagation des espèces aquatiques non indigènes dans le bassin des Grands Lacs.

De 2014 à 2023, quatre nouvelles espèces non indigènes de zooplancton, toutes soupçonnées d’avoir été introduites par des moyens autres que l’eau de ballast, ont établi des populations hivernantes et reproductrices dans les Grands Lacs (Thermocyclops crassus, Mesocyclops pehpeiensis, Salmincola californiensis et Diaphanosoma fluviatile). Malgré l’établissement de ces quatre espèces, on constate un ralentissement important des établissements d’espèces aquatiques non indigènes par rapport au taux enregistré deux décennies plus tôt, avant la mise en œuvre de la réglementation sur les ballasts.

La prévention de l’établissement et de la propagation des espèces envahissantes est essentielle à la protection des espèces indigènes et des habitats des Grands Lacs. Les populations d’EAE peuvent se propager à l’intérieur des lacs et entre eux, notamment en s’accrochant aux bateaux, aux remorques et à l’équipement utilisé par les pêcheurs à la ligne, les plaisanciers et d’autres amateurs de plein air.

Depuis 1950, les effets cumulatifs des EAE sur les Grands Lacs ont plus que doublé. Ces effets cumulatifs tiennent compte de l’augmentation du nombre d’EAE, de leur propagation entre les bassins lacustres, ainsi que de l’ampleur et de la portée de leurs répercussions individuelles.

La lamproie marine est une EAE importante et un parasite mortel pour de nombreuses espèces de poissons des Grands Lacs, comme le touladi. Les activités annuelles de lutte contre la lamproie marine dans les Grands Lacs ont réussi à réduire les populations d’environ 90 % par rapport aux effectifs datant d’avant les activités. Toutefois, les restrictions de déplacement et les conditions météorologiques défavorables en 2020-2021 ont entraîné une diminution des activités de lutte contre la lamproie marine, ce qui s’est traduit par une augmentation de leurs effectifs moyens des trois dernières années, qui dépassent maintenant les niveaux cibles dans quatre des cinq Grands Lacs.

Les moules dreissénidées (moules zébrées et quaggas) sont des EAE qui ont eu des répercussions importantes sur l’écosystème des Grands Lacs. Elles modifient le cycle des éléments nutritifs, augmentent la clarté de l’eau et perturbent les communautés de phytoplancton et de zooplancton. Les moules quaggas ont supplanté les moules zébrées dans les Grands Lacs en raison d’une combinaison de facteurs, notamment leur capacité à coloniser des substrats plus profonds et plus mous, à survivre dans des environnements où la nourriture est moins abondante et à tolérer des températures d’eau plus froides. Ces avantages permettent aux moules quaggas de supplanter les moules zébrées dans une plus grande diversité d’habitats au sein de l’écosystème des Grands Lacs.

Dans les lacs Michigan, Huron et Ontario, les populations de moules dreissénidées dans les zones peu profondes et moyennement profondes (moins de 90 mètres) sont stables ou en déclin. Dans les zones de plus de 90 mètres de profondeur du lac Michigan, les populations continuent d’augmenter. Dans le lac Huron, les densités ont atteint un sommet historique en 2017, mais ont diminué depuis. Dans le lac Érié, les densités de moules dreissénidées à l’échelle du lac sont environ quatre fois plus faibles que les niveaux maximaux des années 1990. Toutefois, les diminutions de densité varient entre les bassins occidental, central et oriental du lac. Les populations de moules dreissénidées du lac Supérieur demeurent faibles, avec quelques présences localisées observées récemment dans les zones côtières.

Les espèces terrestres envahissantes comme l’agrile du frêne, le cygne tuberculé et l’alliaire officinale sont largement réparties dans le bassin des Grands Lacs et ont des répercussions néfastes sur l’écosystème. Les initiatives de collecte de données scientifiques communautaires constituent des sources d’information précieuses sur la répartition des espèces terrestres envahissantes et servent à alimenter le sous-indicateur.

Augmentation de la densité des moules quaggas et changements dans la répartition de la population dans le lac Huron

La découverte cumulative d’espèces aquatiques non-natives établies dans le bassin des Grands Lacs de l’ensemble des voies et des vecteurs d’introduction connus s’est stabilisée au cours des dernières décennies

Sous indicateurs à l’appui de l’évaluation des espèces envahissantes

Sous-indicateur

Lac Supérieur

Lac Michigan

Lac Huron

Lac Érié

Lac Ontario

Taux d'établissement de

nouvelles espèces aquatiques

non indigènes

L’évaluation du bassin des Grands Lacs est bonne et il n’y a aucune tendance

Impact des espèces aquatiques envahissantes (EAE)

Médiocre & Aucune tendance

Médiocre & Aucune tendance

Médiocre & Aucune tendance

Médiocre & Se détériore

Médiocre & Aucune tendance

Sous-indicateurs fournis à titre d'information générale, mais non inclus dans l'évaluation des espèces envahissantes

Sous-indicateur

Lac Supérieur

Lac Michigan

Lac Huron

Lac Érié

Lac Ontario

Taux d’établissement de nouvelles espèces aquatiques non indigènes

Médiocre & S’améliore

Passable & Aucune tendance

Médiocre & S’améliore

Passable & S’améliore

Médiocre & Aucune tendance

Lamproie marine

Médiocre & Aucune

tendance

Bon & Aucune

tendance

Médiocre & Aucune

tendance

Passable &

S’améliore

Médiocre & Se

détériore

Moules de la famille des Dreissenidés

Bon & Inchangée

Médiocre & Se

détériore

Médiocre & Aucune

tendance

Passable & Aucune

tendance

Médiocre & Se

détériore

Espèces terrestres envahissante

La méthodologie utilisée pour évaluer ce sous-indicateur est en cours de mise à jour. Ce sous-indicateur est actuellement évalué comme indéterminé.

L’évaluation globale du sous-indicateur Taux d’établissement de nouvelles espèces non indigènes aquatiques dans les Grands Lacs est uniquement basée sur les nouveaux établissements dans les Grands Lacs ; la composante de propagation de lac a lac est fournie ici à titre d’information supplémentaire. La lamproie marine et les moules Dreissenidés font partie des espèces déjà incluses dans les évaluations du taux et de l’impact. Leurs évaluations distinctes des sous‑indicateurs fournissent des informations plus détaillées.

État

Bon
Passable
Médiocre
Indéterminé